Les femmes et le yoga, qu’en disent les textes ?

Je présente différents points de vue sur le sujet des femmes en yoga, les “yogini”. Le texte que j’ai choisi n’est pas des moindres. Il s’agit du Yogarahasya de Sri Nâthamuni, entendu par (révélé à) Yogâcârya (le maître de yoga) T. Krishnamacharya.

Krishnamacharya est décédé en 1989 et est considéré comme l’un des pères de l’expansion du yoga en occident, c’est lui qui est notamment à l’origine du yoga Iyengar, Asthtanga, Viniyoga, et une bonne partie du Hatha Yoga. Vous pouvez vous référer par exemple au livre Yoga, une histoire Monde ou le documentaire les Souffle des Dieux pour mieux le connaître.

Le livre est écrit par lui, mais il dit l’avoir entendu (comme les Rishis, ces sages qui ont “entendu” les Vedas et autres textes sacrés). Souvent dans les traditions indiennes, la connaissance se fait sous forme de révélations. On peut retrouver cela par exemple dans la révélation des “Vedics mathematics” proclamé par un moine hindou au XXème siècle, une autre histoire intéressante. Mais je ferme la parenthèse.

J’ai beaucoup de respect pour Krishnamacharya qui a diffusé le yoga de manières très diverses, et toujours en lien avec une approche philosophique poussée. Il est le maillon originel de l’Institut Français dans lequel je me suis formée initialement. Néanmoins, j’ai quelques réserves sur sa vision des femmes et du yoga, ou du moins pour la vision de Sri Nâthamuni, puisque ce serait lui qui aurait “dicté” ou “révélé” le texte à Krishnamacharya.

Il écrit par exemple :

II. 38 Comme la vie de famille est pleine d’obstacles, la pratique des yoganga (membres du yoga) est très difficile et presque impossible à maîtriser pour les femmes au foyer. II. 39 Le monde entier sait sans aucun doute que ce sont les femmes au foyer qui protègent le monde, car elles fournissent de la nourriture, des connaissances, des richesses et endroit où habiter.  II.40. Elles sont tellement occupées avec leurs enfants, petits-enfants, famille, mendiants, domestiques, bétail, etc. qu’elles n’ont pas le temps de s’occuper d’elles-mêmes. II. 41. Comment peuvent-elles pratiquer le yoga alors qu’elles sont dans cette situation, toujours actives ? Cependant, sans elles, la vie dans ce monde ressemblerait à une fleur dans le ciel. II. 42, par conséquent quelques angas importants, qui préservent la santé physique doivent être pratiquées avec discipline par ces femmes, pour la protection de la famille. Elles doivent montrer l’exemple.

Par contre, II. 45, pour les chefs de famille, le pranayama est le plus important.

III. 24 Les femmes dans ce monde sont généralement affligées par la timidité et la peur. Cependant, elles se laissent aller à des bavardages inutiles, sont pleines d’illusions et ont un mental instable. III ; 25. Elles se laissent influencer par la parole des autres. C’est pourquoi on dit que le kriya yoga a disparu chez elles. III. 26. Toutes les femmes ne sont pas comme cela. Il existe très peu de yogini comme Gargi, Ahalya et d’autres qui sont absorbées par le Suprême. C’est un des faits étonnants de la Création de Dieu.

Catégoriser les femmes comme affligées par la peur, la timidité et l’instabilité mentale, est une généralisation peu convaincante. Cela permet néanmoins de mesurer l’influence du contexte local et culturel d’une époque même sur des sages clairvoyants.

Un de ces sages, Shrii Shrii Anandamurti , a néanmoins un tout autre discours :” There is no distinction nor can there ever be — between men and women. As jiiva’tma’ [unit soul] is not composed of the five fundamental factors there cannot be any sex distinction in it.    

there is no question of high or low, superior or inferior, noble or ignoble because whatever might be the sex of the body, the jiiva’tma’ is just the witnessing facultyof the mind it is attached to. It is unassailed by the sexual differences of the quinquelemental bodies. ” Baba, The Awakening of  Women, Part 2 Section 3-1Sam’ska’ra And Gender DifferencesIn the practice of spiritual cult Shrii Shrii Anandamurti .

Et enfin, pour rendre honneur aux faits historiques, (si tant est que certains aient un doute sur la possibilités aux femmes d’être des yogis accomplies ;-))

“Dans le bouddhisme tantrique, Miranda Shaw affirme qu’un grand nombre de femmes comme Dombiyogini, Sahajayogicinta, Lakshminkara, Mekhala, Kankhala Gangadhara, Siddharajni, et d’ autres, ont été respectés yoginis et les chercheurs avancés sur le chemin de l’ illumination .

Dans la tradition du bouddhisme tibétain et Bön, certains ngagmas sont comparables, dans la pratique, aux mahāsiddha yoginis du bouddhisme indien.” La suite de l’histoire des yogini sur https://fr.qwe.wiki/wiki/Yogini

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