Quelques Yoga-Sutras

Les sutras – ou aphorismes – du yoga, d’un sage mythique nommé Patanjali ont probablement été rédigés – ou compilés quelques siècles av. J.-C. Il s’agit du plus ancien texte connu exposant la démarche du yoga de manière ciblée. L’ouvrage a été traduit et commenté de multiples manières. Il est facilement disponible dans toutes les librairies.
Les Yoga-Sutras sont dits exposer le “Raja-Yoga“, yoga royal.  On différencie ce yoga-royal du Hatha-Yoga, qui s’est popularisé en Occident sous la forme d’une recherche du bien-être du corps et de l’esprit. Haṭha peut se traduire par “tenace”. Le texte référent du haṭha yoga (haṭha yoga pradipika, datant environ du XIIème siècle) est de nature pratique et fait une large place aux postures (āsana) et au contrôle du souffle (prāṇayāma). J’aurai peut-être l’occasion de vous en sélectionner aussi quelques passages prochainement. L’enseignement des postures (āsana) fut originalement pratiqué pour améliorer la santé physique et vider l’esprit afin de le préparer à la concentration  et parvenir au travers de la méditation à l’état de samādhi (délivrance, éveil). Dans le Hatha-Yoga popularisé en Occident, il est davantage vu comme un but en soi.

Voici quelques sutras sélectionnés parmi les 195 aphorismes des Yoga-Sutras. Il est bien difficile de choisir, tous méritent d’être connus !

Traductions inspirées de Bernard Bouanchaud.

Dans le chapitre I – SAMADHI – PADAH : La contemplation, l’union, la totalité

I.1. Le yoga est l’arrêt des perturbations du mental.

  1. 12 Le contrôle des fluctuations de l’esprit s’obtient à la fois par la pratique persévérante et le détachement – lâcher-prise. (abhyasa et vairagyabhya) voir la page spécifique consacrée à ce sutra.
  1. 16 Le détachement a son plus haut degré, c’est n’avoir plus de désir pour aucune des qualités constitutives de la nature du fait de la prise de conscience du principe de conscience pure, stable, en chaque être.

Dans le chapitre I I– SADHANA – PADAH: Le moyen, la méthode, l’accomplissement…

  1. 3 Les causes de souffrance sont : la méconnaissance, la conscience du « je », la passion, la répulsion, la peur. (avidya, asmita, raga, dvesa et abhinivesah) (Ce sont des impuretés venant de soi)
  1. 26 La conscience d’un discernement sans équivoque arrête « l’union confuse ». (viveka = raisonnement, prise de conscience, intelligence authentique) .  Le fait de maintenir l’esprit lucide, objectif, dégagé de ses propres projections, aide à développer la conscience et à distinguer ce qui est permanent et ce qui fluctue.

II.30 Les principes de respect à l’égard des autres sont : la non-violence, la vérité, l’honnêteté, la modération, la non-convoitise. (ahimsa, satya, asteya, brahmacarya, aparigraha) Yama

  1. 42 Par le contentement on obtient le bonheur suprême. (Samtosat et sukha) Niyama.

Dans le chapitre III- VIBHUTI – PADAH : L’accomplissement, le pouvoir, la capacité

III. 55. Lorsque la pureté du mental pacifié est identique à celle de l’entité spirituelle, c’est l’état de libération. (kaivalyam)

Dans le chapitre IV – KAIVALYA- PADAH : La sérénité, la béatitude, la libération

  1. 3. Les causes de l’évolution ne mettent pas la nature en mouvement mais elles retirent les obstacles, tel un jardinier ouvrant un canal d’irrigation.

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