Le contentement – samtosha

Le contentement – la modération

Si tu ne peux résoudre un problème alors pourquoi t’inquiéter ? Et si tu peux le résoudre, alors pourquoi t’inquiéter ? Shantideva

II.42. Par la pratique du contentement (samtosha), on connaît le plus haut degré de bonheur (sukha). (yoga sutra II.42)

Samtosha : Complètement satisfait, sans attente, en paix. (sam : complet, tosha : content, sans attente)

Un commentateur de ce sutra explique en quoi consiste ce contentement « Le contentement (samtosha en sanskrit) est induit par un état de conscience totale qui libère des attentes face au monde qui nous entoure ».  Ce sutra semble dire : lorsque l’on n’a pas d’attentes, alors on est toujours content ! J’entends certains d’entre vous dire : « alors il ne sert à rien d’agir ! ». A quoi le sutra répondrait : ne pas avoir d’attente ne veut pas dire ne pas agir, mais lâcher prise avec les conséquences de nos actes. C’est en fait différencier ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Le flux du changement (certains l’appellent le destin) influence ce qu’il advient de nos actes. Donc, le contentement consiste à faire confiance au changement et lâcher prise avec les conséquences de nos actions. C’est vivre dans un état où il n’y a ni manque, ni volonté d’obtenir. Et cet état est une paix intérieure.

Faîtes un test, avec quelque chose qui a priori ne dépend pas de vous : la météo de cette journée. Ne souhaitez pas qu’elle soit autrement que ce qu’elle est, n’ayez pas d’autres attentes vis-à-vis d’elle, soyez simplement contents qu’elle soit telle qu’elle est (puisque vous ne pouvez pas la changer). Observez si cela vous apporte une plus grande paix intérieure.

Conscience des besoins ?

En fait, pour être libéré des attentes, il faut que les besoins fondamentaux soient satisfaits. Donc, pour être dans le contentement, il faut surtout être conscient de ses besoins, et de comment les satisfaire. Cela nécessite de connaître nos besoins :

Voici une liste des besoins fondamentaux tiré de Marshell Rosenberg, psychologue américain et fondateur de la communication non violente) ainsi que de Manfred Max-Neef, économiste et environnementaliste. Je les aies reliées pour plus de cohérence.

  • Sécurité : protection, abri, assurance, confiance, soin, nourriture, eau, air, récupération
  • Bien être et plaisir : lumière, espace, mouvement, être touché, loisirs, humour, sexualité, distraction
  • Liberté, autonomie : affirmation de soi, respect, appropriation de son pouvoir, liberté (physique, de choix, de moyens), indépendance, identité, maîtrise
  • Empathie, compassion : échanges, liens, proximité, tendresse, solidarité, partage, réceptivité, dévouement, honnêteté
  • Créativité, expression : création artistique, transformation personnelle, imagination, audace, inventivité, évolution
  • Compréhension, sagesse : esprit critique, curiosité, analyse
  • Harmonie, paix : contemplation, unité, harmonie, clarté, inspiration, ordre, beauté, sérénité, tranquillité

Sélectionner 3 principaux besoins pour vous, quels sont-ils ?

Vous pouvez les trouver en observant dans une journée ce qui vous agace ou vous rend déçu (signe qu’un besoin n’est pas satisfait). Ou en vous demandant en général, au quotidien les situations qui vous agacent ou vous déçoivent.

On peut ainsi faire le lien avec les zones du corps (les chakras). Je propose ici ma version, issue de la comparaison entre différents auteurs et l’expérience personnelle.

Testez-la : sentez quelle partie du corps s’ouvrent quand le besoin est satisfait (ou se ferment quand il ne l’est pas).

Muladhara (racine) : sécurité

Svadhistana (sacré) : bien-être et plaisir

Manipura (plexus solaire) : liberté, autonomie

Anahata (cœur) : empathie, compassion

Visuddha (gorge) : créativité, expression

Ajna (3ème œil) : sagesse, compréhension

Sahasrara (couronne) : harmonie, paix

L’instant présent

Lorsqu’on est dans le présent, il semble qu’il n’y ait besoin de rien. Il n’y a pas de futur, donc pas d’attentes. C’est pourquoi l’instant présent est un état de contentement et de bonheur total.

Essayez ! Installez vous sans songer à l’avant et à l’après, soyez totalement présent à ce qui est là dans cet instant présent, à vos sensations et impressions. Puis basculez progressivement vers une conscience totale.

Contentement et modération, quel lien ?

Certains besoins semblent être comblés par la possession de biens matériels. En particulier la sécurité, la reconnaissance ou l’expression de soi.

Est-ce que la modération Aparigraha, l’un des 5 yamas, est compatible avec cette satisfaction des besoins et ce contentement ? Aparigraha (a privatif et parigraha : propriété, biens…) signifie « absence de convoitise » ou encore « non-possessivité, absence d’avarice ».

La modération, c’est satisfaire ses besoins mais pas les dépasser, ne pas souhaiter davantage.

Demandez vous si vous avez l’impression d’être souvent dans la modération (en termes de nourriture, objets, distraction, etc.), ou s’il vous en faut toujours plus pour être heureux. « Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux… » pourrait-elle être une de vos devises, ou surtout pas ? Si non, quel besoin fondamental cherchez vous à satisfaire en voulant plus ?

Les excès dans vos consommations signifient que la stratégie n’est manifestement pas la bonne pour satisfaire le besoin.

Sutra II.7 Le désir de prendre est lié à la mémoire du plaisir.

Sutra II.33 Lorsque les pensées perturbent ces attitudes (attitudes=être clair et être en paix avec ce que l’on vit), il faut laisser se manifester les contraires.

Lorsqu’un désir fondamental n’est pas satisfait et que l’on est incapable d’être en paix avec ce que l’on vit (agacé, déçu), alors il faut laisser se manifester le besoin. Exemple, je suis agacé et n’arrive pas à être en paix lorsque je vois des choses désunis. Le contraire est ma capacité à mettre en lien.

L’équilibre

En fait il s’agit comme souvent de trouver le bon équilibre. Quel serait-il pour vous ? Quelle quantité de biens matériels vous rendrait content ? Quel degré d’action vous satisfait ? Quelle quantité de nourriture lors d’un repas ou dans une journée vous semble équilibrée ?

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